Engouement pour les écoles alternatives ! PARADOXE ?

2 juillet 2017 par Michel Augendre

  • Le BOOM des écoles alternatives ! PARADOXE ?

Elles se développent fortement (à Paris et auprès de public aisés). Souvent chères (de 5000 €/an à plus de 10 000 €/an) elles répondent à une vision forte de plus en plus de familles :

l'école sert à ÊTRE HEUREUX (l'enfant est au centre, développement de soi, créativité, ouverture aux autres, confiance en soi, joie d'apprendre). Les parents "progressistes" assument ici le paradoxe. Penser à "vivre" avant de penser à réussir. Ils savent que cette approche rend adaptable dans un monde où le futur est à reconstruire chaque jour et où il vaut mieux être que avoir.

Cette approche diffère nettement du privé sous contrat et des collèges et lycées "haut de gamme". La promesse était (est toujours) de faire RÉUSSIR d'abord dans le moule (exigence, travail, discipline, effort) . Les parents "traditionnels" savent que cette voie mène ensuite aux prépas et aux meilleures écoles où tout est possible. Ces deux approches ne sont plus réconciliables. Elles cultivent, certes, toutes deux l'entre soi des CSP ++ mais elle ne veulent plus se mélanger.

Alors quelle issue et quels choix pour l'école de la république ? Réponse à suivre.

Hélas, l’Éducation Nationale ne parviendra pas à réussir ni dans une voie ni dans l'autre.

>> L'éducation Nationale est tout d'abord la proie de faux débats. Par exemple :

1. Éduquer vs instruire ? Faux débat. On soit s'instruire pour être éduqué. Et réciproquement.

2. Pédagogisme vs École républicaine ? Faux débat. Les sujets déterminants sont plutôt :

  • maîtres et enseignants plus formés et maîtres et enseignants mieux reconnus/évalues
  • domaines centralisés et école plus décentralisée
  • plus de moyens et plus de performance à moyens constants
  • développement de nouvelles méthodes et très forte exigence sur les fondamentaux
  • développement des personnes et développement de la civilité repectueuse

>> Mais elle est aussi dans une situation intenable car elle devrait en théorie répondre à quatre attentes.

  • L’école sert à être heureux
  • L'école sert à réussir
  • L'école sert à faire fonctionner l'ascenseur social
  • L'école sert à protéger et donc acepter le morcellement et l'entre soi

Or elle ne peut répondre à ces attentes et elle ne peut que les reformuler de manière recevable, par exemple de la manière suivante.

  • L'école sert à se développer à être autonome ET à réussir à s'adapter
  • L'école ne peut contribuer au bon fonctionnement de l’ascenseur social collectif qu'à la condition d'individualiser les parcours
  • L'école doit aboutir à une mixité sociale (lorsque les conditions de son succès sont garanties) en partant d'une éducation, entre soi, qui puisse conduire tout le monde au même niveau. Par exemple des écoles descentralisées d'initiatives locales ayant une instruction civique commune et un socle de valeurs identiques avec, à l'arrivée un service national civil long et de forte mixité sociale qui soit encadré et formant, conduit avant l'entrée dans les études.