Innovation pédagogique : fausses idées et véritables réalisations

8 février 2017 par Michel Augendre

Distinguer innovation pédagogique et innovation technologique devient difficile.

A toute force, les deux sont actuellement confondues. L'innovation pédagogique aujourd'hui semble tout devoir à la technologie. Cette propagande, ce prisme déformant est sans doute un des mythes les plus fort du moment en éducation. 

Il existe une issue à cette illusion. Après ce premier article nous aborderont dans d'autres billets les 3 clefs pratiques essentielles pour libérer l'innovation pédagogique, la vraie.

1. L'ergonomie et le dé-asservissement des apprenants

2. La mesure de l'efficacité pédagogique.

3. Le contrat social de coopération entre les forts et les faibles. 

 

Tableaux tournants (Calliez), Lego et maquettes (Dillenbourg), fichiers auto correctifs (Freinet), MOOC papier - crayon (Muriel Epstein), invention de matériels divers (Montessori) les plus pédagogues des pédagogues sont d'une distance étonnante vis à vis de la technologie. Ni pour ni contre. Simplement libres.

Pourquoi cette disjonction ?

Pourquoi la techno aide parfois l'innovation éducative mais n'en est pas le moteur  ?

Pour une raison toute simple. L'essence même de l'innovation pédagogique tient dans la capacité d'un pédagogue à transformer le labeur asservissant et pénible d'apprendre en une aventure passionnante. En un véritable métier d'appendre. En une jubiltaion collective de la découverte. Tout est bon pour cette magie. Inverser la classe. La renverser. S'amuser à être un professeur "ignorant", bousculer les codes. Avancer dans un jeu infini de l'appropriation du savoir. 

Les mauvais pédagogues sont dans l'éternel schéma du "je sais - vous ne savez rien - écoutez moi-il faut apprendre". Le bon pédagogues est un alchimiste et fait de l'or avec du plomb, de la passion avec de l'ennui et pour celà il organisa un blitz " je sais mais vous aussi - vous allez conquérir le savoir et donc le monde - aux armes citoyens apprennants - vous avez ma confiance".

Les pédagogues innovant sortent TOUS à leur manière (il existe une infinité de manière) de ce schéma du suplice d'apprendre. Et ils réussissent à faire entendre une vérité. Il est parfaitement possible d'accéder à la fierté et à la joie d'apprendre. Au delà du manque de confiance en soi, au delà de l'obligation, au delà de l'ennui. 

Aujourd'hui les tablettes amusent encore un tout petit peu ... demain elles lasseront vraiment. Toutes les technologies sont des objets de désir qui font tomber le désir aussitôt qu'il est atteint. 

L'essence de l'innovation pédagogique consiste à monter des dispositifs sociaux, des dispositifs scéniques où les acteurs sont restitués dans leur soif immense d'apprendre. Voilà la véritable technologie spécifique de la pédagogie. Elle s'appelle orchestration et mise en scène de le goût "inné" d'apprendre des autres et avec les autres.

Aussi stupide que puisse parraître cette tautologie, l'innovation n'existe que dans la nouveauté. Chacun doit inventer sa manière de recréer une aventure avec ses apprentants. Il faut être soi-même captivé pour captiver les autres.

Nous sommes loin des protocoles.

Mais nous sommes très très proche d'un constat qui fait mal. Vous n'avez aucune chance d'innover et de réussir en pédagogie si nous ne vous confrontez pas à l'épaisseur de votre propre personnalité, de votre propre culture, de votre propre élégance, de votre propre capacité à fabriquer une aventure unique (unique parce que vous êtes unique) avec vos apprenants. 

Le patron c'est vous et vos étudiants. La technologie doit rester votre serviteur.